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COVID-19 : Un an et demi après le début des vaccinations, que sait-on ?

COVID-19 : Un an et demi après le début des vaccinations, que sait-on ?

Point sur les vaccins contre la COVID-19 : un an et demi après. Écrit le 18/12/2021 par Erwan Sallard. Cet article fait suite à la première FAQ sur les vaccins, ainsi qu’aux articles sur le fonctionnement de la vaccination, les difficultés pour la fabrication des vaccins ou encore le lien avec les thromboses .

À ce jour, 4 vaccins contre la COVID-19 ont été approuvés par l’Autorité Européenne du Médicament : Pfizer/BioNtech, Moderna (des vaccins à ARNm), AstraZeneca et Jenssen (des vaccins à vecteur viral). Chacun de ces vaccins a été testé sur des dizaines de milliers de volontaires à partir d’avril 2020 avant une mise sur le marché à partir de décembre 2020.

Les vaccins sont-ils sûrs ?

Les vaccins peuvent provoquer différents types d’effets secondaires [1] :

  • fréquents mais bénins :
    • douleur, rougeur et gonflement au point d’injection     
    • nausées et maux de têtes   
    • fatigue anormale    

Ce sont des réactions normales de l’inflammation, qui indiquent que le système immunitaire est efficacement activé par le vaccin. Elles disparaissent généralement au bout de quelques heures ou quelques jours.

  • graves mais très rares :
    • choc anaphylactique  
    • thrombose    

Les vaccins AstraZeneca et Jenssen sont associés à des thromboses dans environ 7 cas par million [2]. En comparaison, le COVID est suivi de thromboses dans 39 cas par million, et les pilules contraceptives de troisième génération de 600 thromboses par million d’utilisatrices et par an.

Aucun effet secondaire à long terme n’a été décrit à ce jour, et il est très peu probable que ce soit un jour le cas, sachant qu’aucun vaccin, contre quelque maladie que ce soit, n’a jamais provoqué d’effets secondaires apparaissant plus de deux mois et demi après administration.

Par conséquent, les vaccins contre la COVID-19 ont fait preuve d’une sûreté excellente, puisque les effets secondaires graves sont beaucoup plus rares que pour la majorité des traitements médicaux.

Les vaccins à ARNm : une technologie très récente et insuffisamment testée ?

Non : des vaccins à ARNm ont été testés dès l’an 2000 chez l’humain contre Zika, le VIH, la grippe, la rage, le cytomégalovirus et même certaines formes de cancer [3]. Au total, plus de 10 000 personnes avaient déjà reçu des vaccins à ARN avant les vaccins COVID-19. Ces vaccins n’ont pas encore été commercialisés chez l’humain car les moyens techniques et financiers déployés étaient plus faibles que pour les vaccins COVID-19, et faisaient parfois face à la concurrence d’autres vaccins déjà établis. Les vaccins à ARNm se sont avérés au moins aussi sûrs que ceux issus d’autres technologies.

De plus, les vaccins COVID-19 ont montré que les vaccins ARNm peuvent être développés rapidement sans perte de qualité, ce qui est l’une des principales victoires scientifiques de cette pandémie et nous permettra probablement de mieux nous défendre contre de futures maladies.

Les vaccins sont-ils efficaces ?

Tous les vaccins sont assez efficaces contre la COVID, d’autant plus contre les formes graves [4,5].

L’efficacité diminue légèrement au fil des mois, d’où l’intérêt de la troisième dose.

On ne sait pas encore si l’immunité déclinera de la même manière après la troisième dose : il est probable qu’elle soit plus durable, comme on l’observe pour d’autres vaccins à trois doses (hépatite B, pneumocoque, coqueluche…) ou chez les personnes vaccinées après avoir déjà eu la COVID [6].

Les vaccins sont efficaces contre les variants alpha, beta et delta. Le variant omicron, apparu très récemment, semble plus résistant aux vaccins, mais la troisième dose pourrait restaurer au moins une partie de l’efficacité des vaccins [7,8,9]. Il faut toutefois attendre des études plus poussées pour être sûrs. Au cas où il serait confirmé que les vaccins actuels sont peu efficaces contre le variant omicron, BioNtech a déjà commencé des recherches sur une mise à jour du vaccin.

Combien de personnes ont-elles déjà été vaccinées ?

Plus de 8,4 milliards de doses ont été administrées dans le monde en un an [10], ce qui est une prouesse industrielle, logistique et médicale exceptionnelle. Néanmoins, la répartition des vaccins dans le monde est inégale, allant de 91% de personnes complètement vaccinées aux émirats arabes unis à 0% au en Érythrée et en Corée du Nord [11].

Pourquoi les enfants sont-ils maintenant vaccinés ?

Initialement, les vaccins n’étaient proposés qu’aux adultes, puisqu’ils n’avaient été testés que sur des volontaires de plus de 16 ans pendant les premiers essais cliniques. Depuis, de nouveaux essais cliniques ont été réalisés et ont montré que les vaccins sont sûrs et efficaces chez les adolescents et les enfants.

Pourquoi les vaccins n’ont-ils pas arrêté la pandémie ?

Principalement parce qu’il y a encore trop de personnes non vaccinées. À cause de l’apparition de variants plus résistants et de la diminution progressive de l’efficacité des vaccins, il faut vacciner la quasi-totalité de la population pour pouvoir espérer mettre un terme à la pandémie.

Cependant, les vaccins ont déjà réussi à diminuer fortement le nombre de morts et de maladies graves : par exemple, le taux de mortalité par cas de COVID-19 était de 1,69% en France pendant la deuxième vague, contre seulement 0,47% lors de la quatrième vague, quand le taux de vaccination avoisinnait 60% [12].

Au cas où la troisième dose confère une immunité durable et aucun variant complètement résistant n’apparaît, les vaccins actuels sont capables d’arrêter la pandémie. Sinon, il faudra probablement actualiser les vaccins régulièrement, comme on le fait chaque année contre la grippe. Quoi qu’il en soit, respecter les mesures sanitaires reste nécessaire jusqu’à ce que la pandémie soit sous contrôle.

Conclusion :

Pour votre santé et celle des autres, mieux vaut vous faire vacciner, que ce soit la 1e, 2e ou 3e fois.

Références

[1] https://ansm.sante.fr/dossiers-thematiques/covid-19-vaccins/effets-indesirables-lies-aux-vaccins-autorises-contre-la-covid-19-ce-quil-faut-savoir

[2] Simpson et al, 2021, nature medicine. First-dose ChAdOx1 and  BNT162b2 COVID-19 vaccines and thrombocytopenic, thromboembolic and  hemorrhagic events in Scotland. https://www.nature.com/articles/s41591-021-01408-4

[3] Verbeke et al, 2019, nanotoday. Three decades of messenger RNA vaccine development. https://doi.org/10.1016/j.nantod.2019.100766
[4] https://view-hub.org/sites/default/files/2021-12/COVID19%20VE%20Studies_Forest%20Plots_Delta_0.pdf

[5] https://view-hub.org/sites/default/files/2021-12/COVID19%20Vaccine%20Effectiveness%20Transmission%20Impact%20Studies%20-%20Summary%20Tables_20211209.pdf

[6] Pouwels et al, 2021, nature medicine. Effect of Delta variant on viral burden and vaccine effectiveness against new SARS-CoV-2 infections in the UK. https://www.nature.com/articles/s41591-021-01548-7?ref=tjournal.ru

[7] Cele et al, 2021. SARS-CoV-2 Omicron has extensive but incomplete escape of Pfizer
BNT162b2 elicited neutralization and requires ACE2 for infection. https://krisp.org.za/manuscripts/MEDRXIV-2021-267417v1-Sigal.pdf

[8] Andrews et al, 2021, preprint. Effectiveness of COVID-19 vaccines against the
Omicron (B.1.1.529) variant of concern. https://khub.net/documents/135939561/430986542/Effectiveness+of+COVID-19+vaccines+against+Omicron+variant+of+concern.pdf/f423c9f4-91cb-0274-c8c5-70e8fad50074

[9] https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/12/15/covid-19-en-afrique-du-sud-le-variant-omicron-resiste-davantage-au-vaccin-mais-se-montre-moins-severe_6106081_3244.html

[10] John Hopkins University COVID-19 dashboard

[11] https://www.nytimes.com/interactive/2021/world/covid-vaccinations-tracker.html

[12] https://dashboard.covid19.data.gouv.fr/vue-d-ensemble?location=FRA

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